Un jeu peut afficher 120 images par seconde et pourtant sembler saccadé, tandis qu’un autre reste agréable à 60 FPS. Pour obtenir un résultat fiable, il faut mesurer les performances dans les bonnes conditions, regarder le temps d’affichage des images et régler le PC selon son écran et ses priorités. Je vous propose une méthode simple pour tester, comprendre et optimiser les FPS en jeu.
Les repères essentiels pour juger la fluidité d’un jeu PC
- FPS moyen donne une tendance, mais ne révèle pas les saccades ponctuelles.
- Les 1 % low montrent mieux la stabilité ressentie pendant les scènes chargées.
- Un bon relevé exige les mêmes réglages, la même scène et plusieurs passages.
- À 60 Hz, viser 60 FPS stables suffit souvent, alors qu’un écran 144 Hz demande davantage.
- La résolution, le ray tracing et l’upscaling peuvent modifier fortement le résultat.

Mesurer les FPS sans fausser le résultat
Le moyen le plus utile consiste à tester directement le jeu que vous utilisez, avec sa résolution et ses options habituelles. Un compteur intégré, l’overlay de Steam, NVIDIA App, AMD Adrenalin ou MSI Afterburner avec RivaTuner peut afficher les images par seconde en temps réel. Pour un test FPS pertinent, je conseille de désactiver les téléchargements, les mises à jour et les applications lourdes en arrière-plan.
Commencez par laisser le jeu tourner quelques minutes. Cette phase permet au shader cache de se charger et au GPU d’atteindre sa température de fonctionnement. Lancez ensuite la même scène pendant 60 à 120 secondes, répétez l’opération trois fois et notez la moyenne, le minimum ainsi que les valeurs basses. Une partie improvisée ne permet pas de comparer proprement deux réglages.
Le protocole que j’utilise
- Redémarrer le jeu et attendre la fin du chargement des shaders.
- Conserver la même résolution, le même niveau de détails et le même mode d’upscaling.
- Reproduire un trajet ou une scène exigeante, plutôt qu’un couloir vide.
- Effectuer au moins trois passages et écarter un résultat clairement perturbé par un chargement.
- Comparer les mesures avec la température et l’utilisation du processeur et de la carte graphique.
Les tests en ligne qui animent une scène dans le navigateur peuvent vérifier la fréquence d’affichage ou la fluidité d’un écran, mais ils ne remplacent pas un benchmark en jeu. Ils ne reproduisent ni le moteur graphique, ni la charge CPU, ni la gestion de la mémoire vidéo d’un titre comme Cyberpunk 2077 ou Baldur’s Gate 3.
FPS moyen, 1 % low et frametime ne racontent pas la même histoire
Le FPS moyen indique combien d’images sont produites en moyenne chaque seconde. C’est un repère pratique, mais il peut cacher une chute brutale de quelques secondes. Une moyenne de 100 FPS avec des passages à 25 FPS sera moins agréable qu’une moyenne de 85 FPS parfaitement stable.
Les 1 % low correspondent à la moyenne des images les plus lentes, généralement sur le pour cent le plus défavorable de la session. Certains outils affichent aussi les 0,1 % low, utiles pour repérer les gros à-coups. Ce ne sont pas des valeurs absolues de confort, mais elles donnent une image bien plus réaliste de la stabilité.
Le frametime désigne le temps nécessaire pour produire une image, en millisecondes. À 60 FPS, une image arrive toutes les 16,7 ms. À 120 FPS, elle doit être calculée en environ 8,3 ms. Si le graphique passe soudainement de 8 à 40 ms, vos yeux percevront une saccade même si le compteur reste élevé.
| Indicateur | Ce qu’il mesure | Comment l’interpréter |
|---|---|---|
| FPS moyen | La cadence moyenne des images | Utile pour comparer la puissance globale |
| 1 % low | La stabilité dans les passages lents | Plus il est proche de la moyenne, mieux c’est |
| 0,1 % low | Les ralentissements les plus marqués | Révèle souvent les saccades et chargements |
| Frametime | La durée de calcul de chaque image | Une courbe régulière est souvent préférable à un chiffre élevé |
Dans mes comparaisons, je regarde donc d’abord la régularité du frametime, puis les 1 % low et seulement après le FPS moyen. Cette approche évite de se laisser impressionner par un chiffre qui ne reflète pas la sensation manette ou souris en main.
Quel outil choisir pour obtenir une mesure fiable
Le meilleur outil dépend de votre objectif. Pour vérifier rapidement un réglage, un compteur à l’écran suffit. Pour comparer deux cartes graphiques ou analyser une micro-saccade, il faut enregistrer les données sur une durée définie.
| Outil | Usage recommandé | Limite principale |
|---|---|---|
| Benchmark intégré au jeu | Comparer des réglages reproductibles | Parfois trop différent d’une vraie partie |
| Steam ou overlay constructeur | Contrôler rapidement les FPS | Peu d’analyse détaillée du frametime |
| MSI Afterburner et RivaTuner | Afficher FPS, températures, fréquences et utilisation | Configuration initiale un peu technique |
| CapFrameX ou FrameView | Enregistrer les frametimes et les 1 % low | Les résultats demandent une lecture attentive |
Le benchmark intégré reste mon premier choix quand il existe, car il garantit une scène identique à chaque passage. Pour diagnostiquer un problème en partie réelle, je préfère un enregistrement avec frametime, température GPU, fréquence CPU et utilisation VRAM. Le compteur seul dit qu’il y a un problème, pas pourquoi il apparaît.
Comment reconnaître la limite du PC
Si le GPU est utilisé à 95 ou 99 % et que baisser la qualité graphique augmente nettement les FPS, la carte graphique est le facteur limitant. Si le GPU reste à 60 ou 70 % alors qu’un ou plusieurs cœurs du processeur sont saturés, le jeu est probablement limité par le CPU.
Une mémoire vidéo presque pleine peut provoquer des chargements et des saccades, surtout avec les textures en ultra. La RAM système joue aussi sur les jeux à monde ouvert. Passer de 16 à 32 Go ne double pas les FPS, mais peut améliorer la stabilité lorsque plusieurs programmes restent ouverts.
Optimiser les performances sans dégrader inutilement l’image
La résolution est le premier réglage à examiner. Passer de 1440p à 1080p réduit fortement la charge graphique, mais l’image devient moins fine. L’upscaling, comme DLSS, FSR ou XeSS, conserve une résolution interne plus basse puis reconstruit l’image. En mode qualité, il offre souvent un compromis plus convaincant que la simple réduction de résolution.
Le ray tracing est spectaculaire dans certains jeux, mais son coût en performance est élevé. Je baisse d’abord les réflexions et l’éclairage ray tracing avant de toucher aux textures, car les textures influencent surtout la VRAM. Avec une carte équipée de peu de mémoire vidéo, il vaut mieux choisir des textures élevées stables que l’ultra accompagné de chargements permanents.
Lire aussi : Overclocking GPU - gagner des FPS sans sacrifier la stabilité
Les réglages qui font généralement la plus grande différence
- Ray tracing réduit ou désactivé pour un gain parfois très important.
- Ombres réglées sur élevé plutôt qu’ultra, avec une perte visuelle limitée.
- Distance d’affichage à ajuster surtout dans les jeux ouverts et compétitifs.
- Foule et densité de végétation à réduire lorsque le processeur limite les FPS.
- Upscaling en mode qualité avant d’utiliser un mode équilibré ou performance.
- Limiteur de FPS réglé selon l’écran pour réduire la chauffe et les variations.
La génération d’images peut augmenter fortement le nombre de FPS affichés, mais elle ne remplace pas les images natives et peut ajouter des artefacts ou de la latence. Je la considère comme un complément, surtout dans les jeux solo. Pour un titre compétitif, une cadence native stable et une latence réduite restent généralement prioritaires.
Le V-Sync, G-Sync et FreeSync doivent aussi être réglés avec cohérence. Sur un écran 144 Hz, limiter le jeu autour de 141 FPS peut éviter de dépasser la fréquence maximale avec une synchronisation adaptative. Le résultat dépend toutefois du pilote, du jeu et de la façon dont le limiteur est implémenté.
Transformer les résultats en décision concrète
Il n’existe pas un chiffre idéal pour tous les joueurs. Sur un écran 60 Hz, maintenir environ 60 FPS réguliers constitue une base solide. Pour 120 ou 144 Hz, viser 100 à 144 FPS selon le jeu apporte une sensation plus directe. Les joueurs compétitifs privilégient parfois 200 FPS ou davantage, mais seulement si le processeur et l’écran peuvent réellement en tirer profit.
Voici une grille simple pour interpréter une mesure :
- Moyenne élevée et 1 % low faible : cherchez une cause de saccades, comme les shaders, la VRAM ou les téléchargements en arrière-plan.
- Moyenne et 1 % low proches : la fluidité est probablement bonne, même si le FPS moyen n’est pas spectaculaire.
- GPU à 99 % : baissez la résolution, le ray tracing ou l’upscaling.
- CPU saturé avec GPU peu utilisé : réduisez la distance d’affichage, la foule et les simulations.
- Températures qui montent puis fréquences qui baissent : contrôlez le refroidissement et le flux d’air.
Ne comparez jamais deux résultats obtenus avec des pilotes, des versions de jeu ou des profils graphiques différents sans le préciser. Une mise à jour peut améliorer un moteur, modifier les shaders ou changer la consommation de VRAM. Les estimations affichées par certains calculateurs en ligne sont pratiques pour se faire une idée, mais elles ne remplacent pas une mesure sur votre machine.
Le chiffre utile est celui qui reste stable pendant vos vraies parties
Pour évaluer correctement un PC, retenez trois éléments simples. Mesurez dans le jeu, examinez les 1 % low et le frametime, puis optimisez le réglage qui limite réellement votre configuration. Une moyenne impressionnante ne compense pas des chutes régulières, surtout dans les scènes où la réactivité compte.
Je recommande enfin de conserver une petite marge de performance. Un jeu qui tourne à 75 FPS dans une zone calme peut tomber à 50 FPS lors d’un combat ou d’un déplacement rapide. Viser une cadence légèrement inférieure à la capacité maximale du PC donne souvent une expérience plus régulière, plus silencieuse et plus agréable sur la durée.
